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| Lorenzo di Credi | |||||||
Lorenzo di Credi (~ 12 janvier 1459 à Florence - 1537) est un peintre et un sculpteur italien de la Renaissance. Biographie
Si Lorenzo est né en 1459, il a fort bien pu entrer dans l'équipe à côté de Léonard qui ne la quitte qu'en 1475-76 et travailler avec celui-ci au panneau de l'Annonciation (Louvre). L'information sur le rôle des dessins de Léonard comme modèles pour Lorenzo est évidemment très précieuse. L'atelier de Verrocchio était un vrai laboratoire des techniques, et il est intéressant de savoir que Lorenzo en a eu la direction en l'absence du maître, et qu'il est intervenu pour la fonte du Colleoni (mais on ne connaît de lui aucune sculpture). Mais ce qui donne finalement un peu de relief à cette biographie est l'insistance sur la qualité du métier, avec ses avantages pour la conservation (Madone de Cestello) et ses inconvénients pour la fécondité et même pour le style. Vasari nous donne des précisions sur le "lavorare pulito a olio". Mais la critique suit aussitôt: couleurs trop finement broyées, en trop grand nombre, multiplication des pinceaux. La sentence lapidaire sur la diligence excessive convient à un peintre, Lorenzo di Credi, qui n'est qu'un attardé du Quattrocento. On reconnaît cependant, le naturalisme des brins d'herbe de la Nativité. En fait la critique situe Lorenzo comme un épigone de Léonard, ce qui n'est guère satisfaisant. Une autre information n'a pas échappé à l'historien qu'est Vasari, qui a du lui-même connaître Lorenzo puisque ce dernier est mort en 1537: que l'artiste ait été un fervent des sermons de Savonarole n'est pas indifférent; à ce maître honnête et consciencieux convient la fidélité aux tableaux de tradition et une certaine façon routinière associée à l'application et la difficulté à innover. Lorenzo qui a étendu sa production jusque vers 1520-25, eut des élèves. Vasari en cite deux Antonio del Ceraiolo et Domenigo Puligo. Il y a là une indication sur la continuité des ateliers florentins au XVIème siècle. Voici comment Vasari nous raconte la vie de Lorenzo. Maître Credi, le grand-père de Lorenzo, excellent orfèvre de son temps, acquiert par son travail crédit et renommée à Florence (comme nous l'avons déjà vu précédemment) lorsque Andrea Barducci s'entend avec lui pour lui confier en apprentissage son jeune fils Lorenzo, garçon très sérieux et plein de talent. Le maître est aussi remarquable et bon professeur que l'élève est zélé et rapide pour apprendre; aussi Lorenzo ne met-il pas grand temps à devenir un bon dessinateur minutieux et un orfèvre si raffiné et capable qu'aucun de ses jeunes contemporains ne l'égalent. C'est tout à l'honneur de Credi si Lorenzo, à partir de ce moment-là, est appelé par tous, non pas Lorenzo Barducci, mais Lorenzo di Credi. Il s'enhardit et rejoint Andrea Del Verrocchio qui, suivant son humeur du moment, se met à la peinture. Sous sa direction, avec, pour condisciples et amis malgré leur rivalité, Pierre Pérugin et Léonard de Vinci, il se consacre avec zèle à la peinture. La manière de Léonard lui plait énormément; il sait même si bien l'imiter que personne ne reproduit mieux le raffinement et le fini des oeuvres du maître mieux que lui. Lorenzo est-il tellement aimé par Andrea que ce dernier, partant à Venise couler en bronze la statue équestre de Bartolomeo de Bergame, lui confie la gestion de ses revenus et de ses affaires, ainsi que tous ses dessins, sculptures, statues et outils de travail. Pour sa part, Lorenzo a une telle affection pour son maître qu'il s'occupe avec un dévouement incroyable de toutes ses affaires à Florence, et va même plus d'une fois le voir à Venise pour lui rendre compte de sa bonne administration; Andrea en éprouve une telle satisfaction qu'il le nomme exécuteur testamentaire et héritier d'une partie de ses biens. Ces bonnes dispositions ne s'adressent pas à un ingrat car, à la mort d'Andrea, Lorenzo se rend à Venise et transporte son corps à Florence, puis remet aux héritiers tous les biens qu'il gère, à l'exception des dessins, peintures, sculptures et outils. Parmi les premières oeuvres de Lorenzo que cite Vasari figure une Vierge dans un tondo, exécutée d'après un dessin de son maître, qui est expédiée au roi d'Espagne, ainsi qu'un tableau bien meilleur, une copie d'après Léonard de Vinci, envoyé aussi au roi d'Espagne, si semblable à l'original qu'on ne les distingue pas l'un de l'autre. Une Vierge exécutée sur bois par Lorenzo se trouve dans la chapelle près de la cathédrale Saint-Jacques de Pistoia. Une autre à l'hôpital de Ceppo, compte parmi les meilleures peintures de la ville. Lorenzo fait de nombreux portraits; jeune, il peint son autoportrait qui finit en la possession de son élève Gianacopo, peintre à Florence, avec bien d'autres choses que Lorenzo lui a laissées, dont le portrait de Pierre Pérugin et celui de son maître Andrea Verrocchio. Il fait aussi le portrait de son ami intime, le grand érudit Girolamo Benivieni. Il peint pour la confrérie de Saint Sébastien, derrière l'église des Servites à Florence, un panneau avec la Vierge, saint Sébastien et d'autres saints et un saint Joseph pour l'autel de ce saint à Sainte Marie de la Fleur. Il envoie à Montepulciano un panneau soigneusement exécuté, destiné à l'église Saint Augustin, représentant le Christ en croix, la Vierge et saint Jean-Baptiste. Mais sa meilleure oeuvre, celle à laquelle il consacre plus encore de recherches et de zèle pour se surpasser, est le panneau de la Vierge, saint Julien et saint Nicolas, qui se trouve dans la chapelle de Cestello. Pour savoir si le soin avec lequel on traite la peinture à l'huile est nécessaire à la bonne conservation des tableaux, on n'a qu'à regarder ce panneau qui, par son admirable exécution, en est la meilleure preuve. Encore jeune, Lorenzo peint un saint Barthélemy sur un pilier d'Orsanmichele. Pour les religieuses de Sainte Claire à Florence, il fait une Nativité avec des bergers et des anges, où il met tant de soin à reproduire des brins d'herbe qu'ils semblent réels, et une sainte Marie Madeleine pénitente; près de la maison de messire Ottaviano de Médicis, il représente la Vierge dans un tondo. A San Friano il laisse un panneau; à Saint-Mathieu dans l'hôpital de Lelmo quelques figures: à Santa Reparata un tableau avec l'Archange saint Michel; pour la confrérie des Déchaussés enfin un panneau extrêmement soigné. Il réalise de nombreuses Vierges et d'autres peintures actuellement dans des maisons particulières de Florence. Lorenzo, grâce à son labeur, a mis de l'argent de côté; il préfère la tranquillité à la richesse et se retire à Santa Maria Nuova à Florence, où il vit confortablement jusqu'à sa mort. Fervent partisan de Fra Girolamo de Ferrare, il vit toujours en homme honnête et de bonnes moeurs, faisant preuve d'une aimable courtoisie chaque fois que l'occasion lui en ait donnée. Arrivé à l'âge de soixante-dix-huit ans, il meurt de vieillesse et est inhumé à San Pietro Maggiore. Il atteint un tel degré de précision et de fini que toute autre peinture auprès de la sienne aura toujours l'air d'être ébauchée. Il laisse de nombreux disciples, dont Giovanni Antonio Sogliani et Tommaso di Stefano. De Tommaso, nous dirons qu'il imite fidèlement la manière raffinée de son maître et produit beaucoup à Florence et ailleurs; ainsi dans la villa d'Arcetri, il peint pour Marco del Nero un panneau avec une Nativité d'une grande finesse. Pour en revenir à Lorenzo, il laisse après sa mort de nombreux tableaux inachevés, en particulier une Passion fort belle qui échoit à Antonio da Ricasoli et un superbe panneau destiné à messire Francesco de Castiglioni. Lorenzo ne se soucie pas de produire beaucoup d'oeuvres de grand format, car leur réalisation lui est extrêmement pénible; il se fatigue énormément, surtout parce que les couleurs qu'il utilise sont trop finement broyées. En outre il purge les huiles de noix et les distille. Il prépare sur ses palettes des mélanges de couleurs en grand nombre, disposant ton après ton du plus clair au plus foncé avec un ordre et une minutie exagérés. Il arrive parfois à poser sur sa palette vingt-cinq ou trente couleurs et se sert pour chacune d'un pinceau spécial. Là où il travaille, il ne supporte pas le moindre mouvement susceptible de soulever de la poussière. Ce soin excessif n'est sans doute pas plus louable qu'une extrême négligence. En tout il faut tenir un juste milieu et se garder des extrêmes ordinairement générateurs d'erreurs. |
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