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Le système tégumentaire (tegumentum: couverture) regroupe la peau
et ses structures annexes – les poils, les ongles, des glandes, des muscles
et des nerfs. Les fonctions de ce système consistent à protéger le corps,
à maintenir une température corporelle constante et à fournir l'information
sensorielle relative au milieu extérieur. La peau est l'organe
le plus facile à inspecter, mais aussi le plus exposé aux infections,
maladies et lésions. Située à la surface du corps, elle est soumise aux
traumatismes, au rayonnement solaire, aux microorganismes et aux
polluants environnementaux. Heureusement, elle possède de solides
dispositifs qui la protègent contre la plupart de ces agressions. Très
visible, la peau témoigne de nos émotions (par le rougissement, le
froncement des sourcils, etc.) et révèle le fonctionnement de certains
mécanismes physiologiques normaux (par exemple, la transpiration).
Les altérations de sa couleur peuvent dans certains cas trahir des déséquilibres
homéostatiques. Ainsi, le bleuissement typique de l'hypoxie
(manque d'oxygène dans les tissus) est l'un des signes de l'insuffisance
cardiaque, mais aussi de plusieurs autres perturbations. Les
éruptions et les érythèmes anormaux tels que ceux de la varicelle,
de l'herpès labial ou de la rougeole révèlent la présence d'une infection
ou d'une maladie systémique des organes internes. D'autres altérations
touchent uniquement la peau: verrues, lentigo sénile (taches
de vieillesse), boutons d'acné, etc. La peau joue un rôle crucial dans
l'estime de soi, ce qui explique que de nombreuses personnes
consacrent beaucoup de temps et d'argent à lui rendre une apparence
plus normale ou plus jeune. La branche de la médecine qui
diagnostique et traite les maladies du système tégumentaire est la
dermatologie (derma : peau; logos : science).

La peau, ou membrane cutanée, recouvre la surface externe du
corps. Elle constitue l'organe le plus lourd (masse) et le plus étendu
(superficie) du corps humain. Chez l'adulte, elle couvre plus ou
moins 2 m2 et pèse de 4,5 à 5 kg, soit environ 16 % de la masse
corporelle totale. Son épaisseur varie de 0,5 mm sur les paupières
à 4 mm sur les talons ; elle est de 1 à 2 mm sur la majeure partie
du corps. Sur le plan structural, la peau comprend deux couches
principales (figure 5.1). La partie superficielle, la plus mince, se
compose de tissu épithélial et est appelée épiderme (epi : sur). La

partie la plus profonde et la plus épaisse se compose de tissus conjonctif

et est nommée derme.

En dessous du derme se trouve la couche sous-cutanée, qui
n'appartient pas à la peau proprement dite ; elle est appelée fascia
superficiel ou encore hypoderme (hypo: au-dessous), et se compose
de tissu aréolaire et de tissu adipeux. Des fibres issues du derme
ancrent la peau dans le fascia superficiel, lui-même fixé aux tissus
et organes sous-jacents. Le fascia superficiel sert de réserve de tissu
adipeux et contient de gros vaisseaux sanguins qui irriguent la
peau. Cette couche (et, dans certains cas, le derme) renferme aussi
des terminaisons nerveuses, les corpuscules lamelleux, ou corpuscules
de Pacini, qui sont sensibles à la pression (figure 5.1).

L'ÉPIDERME
est un épiphélium stratifié pavimenteux

kératinisé.Les quatres principaux types de cellules qui le compose sont les

kératinocytes, les mélanocytes, les macrophagocytes intraépidermiques
et les cellules de Merkel (figure 5.2). Les kératinocytes
(keras : corne ; kytos : cellule) constituent environ 90% des cellules
épidermiques. Ils sont agencés en quatre ou cinq couches et produisent
la kératine (figure 5.2a). Nous avons vu au chapitre 4 que
la kératine est une protéine fibreuse et résistante qui protège la
peau et les tissus sous-jacents contre la chaleur, les microorganismes
et les agents chimiques. Les kératinocytes renferment en
outre des granules lamellés ; ces derniers libèrent un enduit imperméabilisant
qui limite les infiltrations et les déperditions d'eau et
fait obstacle aux particules étrangères.
Les mélanocytes (melas : noir) constituent environ 8 % des cellules
épidermiques. Ils se forment à partir de l'ectoderme embryonnaire
et élaborent la mélanine (figure 5.2b). Leurs prolongements
longs et minces s'insinuent entre les kératinocytes et leur transfèrent
des granules de mélanine. La mélanine est un pigment jaune
orangé ou brun foncé qui colore la peau et
absorbe les rayonnements ultraviolets (UV)
nocifs. Une fois parvenus à l'intérieur des kératinocytes,
les granules de mélanine s'agglutinent
pour former un voile protecteur sur la face du
noyau qui est tournée vers le milieu extérieur
(vers la surface de la peau) ; ils protègent ainsi
l?ADN nucléaire contre le rayonnement ultraviolet.
Bien que les granules de mélanine assurent
une bonne protection aux kératinocytes, les
mélanocytes eux-mêmes restent très exposés
aux détériorations causées par les UV.
Les macrophagocytes intraépidermiques,
ou cellules de Langerhans, naissent dans la
moelle osseuse rouge puis se fixent dans l'épiderme
(figure 5.2c), où ils ne constituent qu'une
faible proportion des cellules épidermiques.
Comme tous les macrophagocytes tissulaires, les
macrophagocytes intraépidermiques sont issus
de la lignée des monocytes sanguins qui migrent
vers les tissus pour y exercer une activité phagocytaire
locale. Ces cellules contribuent donc aux
réactions immunitaires de l'organisme contre
les microorganismes qui envahissent la peau. À
l'instar des mélanocytes, les macrophagocytes
présentent une grande vulnérabilité aux UV.
Les cellules de Merkel sont les cellules les
moins nombreuses de l'épiderme. Situées dans
la couche la plus profonde de l'épiderme, elles
entrent en contact avec le prolongement aplati
(portion réceptrice) d'un neurone sensitif, appelé
corpuscule tactile non capsulé ou encore disque
de Merkel (figure 5.2d). Ensemble, les cellules
de Merkel et les corpuscules tactiles non
capsulés constituent un récepteur sensoriel cutané
qui détecte différents types de stimulus tactiles.